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DHEEPAN   Jeudi 24 Septembre  20h30

 

DHEEPAN - Bande Annonce

Synopsis et détails

 

 

Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.

 

 

DHEEPAN - Extrait 1 - 

A Ecouter

Œil pour œil,

 le débat des critiques ciné de Télérama

L'émotion de Cannes retombée, que reste-t-il de la Palme d'or, désormais en salles ? Un bon ou un très bon film ?

Une émission présentée par Pierre Murat avec Louis Guichard et Jacques Morice.

A Lire

Dans les coulisses de “Dheepan”, une aventure sous tension

de Laurent Rigoulet  

Publié le 30/08/2015.  

Télérama

Critiques

 

Des avis  très mitigés

 

 

 

 

 

 

 

Tout le monde, sauf peut-être le jury du dernier festival de Cannes, risque de s'accorder sur le fait que Dheepan n'est pas une grande Palme d'or : les lauriers s'adressaient davantage au réalisateur qu'à son film. Passons d'abord aux bonnes nouvelles. Le septième opus de Jacques Audiard est longtemps surprenant, et indiscutablement pertinent par son sujet. Difficile d'imaginer des héros plus contemporains que des migrants, dont on suit l'installation incertaine en banlieue parisienne. Ces trois Sri Lankais, fuyant la guerre civile et le pouvoir, qui a décimé leur minorité tamoule (en 2009), ont un secret, une fragilité supplémentaire : ils ne forment une famille qu'en apparence. L'homme, la femme et la fillette ne se connaissaient pas avant de quitter leur pays. Leurs liens prétendus permettent de conforter leur statut de réfugiés. Car Dheepan, le faux père, est un ancien soldat, un « Tigre » tamoul... Identités truquées et réflexes réprimés : ainsi Jacques Audiard installe-t-il la tension, lui, l'expert en « thriller d'auteur », parvenu au sommet de la popularité avec De rouille et d'os, en 2012. C'est pourtant dans une longue parenthèse de calme relatif (une bonne moitié de la durée totale, quand même) que le film convainc le plus. La fausse famille de réfugiés se retrouve logée dans une cité difficile. L'homme, effaçant son expérience guerrière, assume un rôle de gardien d'une barre d'immeuble. La femme se voit confier un travail d'aide ménagère. L'enfant fréquente une classe spéciale à l'école. Ils ne parlent pas le français (seule la fillette possède quelques rudiments), ignorent si l'eau du robinet est potable, cherchent leurs marques en toutes choses, et d'abord les uns vis-à-vis des autres.

Leur flottement, leur apprentissage forcé, avec terreurs incidentes, mais aussi satisfactions et répits : tout concourt à un vrai cinéma de regard(s), inquiet et précis. Audiard endosse les points de vue de ces arrivants sur un pays étranger, indéchiffrable. Le film y gagne sa singularité, d'autant qu'une piste sentimentale s'ouvre assez subtilement : ces faux mari et femme pourraient en devenir de vrais, et cette juxtaposition de solitudes, une famille pour de bon. Quelque part entre les Dardenne et Ken Loach à son meilleur, le réalisateur semble se réinventer, au-delà des ressorts un peu épais de ses films antérieurs, la vengeance et l'exaltation de la virilité agressive. Jusqu'au personnage secondaire de caïd/dealer joué par Vincent Rottiers, le trait est équilibré, étrangement délicat.

Ce qui cloche, c'est l'articulation avec le polar d'action que Dheepan devient soudain. L'impression que le film se dérobe, au profit d'un autre, nettement plus convenu. Jacques Audiard a bien le droit d'aimer le cinéma de genre testostéroné et de vouloir refaire, in extremis, Un prophète. Mais après une première partie nuancée, ouverte, humaine, l'artillerie de la violence ­façon Hollywood grince terri­blement. Il a le droit de transformer une cité désolée en un nid de gangsters ­déchaînés, donnant du coup de feu pour un oui ou pour un non. Mais après avoir atteint une certaine justesse sociologique, volontairement ou non, il sème la confusion : ce tableau est-il sa vision d'une France qu'il suggère de « karcheriser » d'urgence ?

Faut-il, question subsidiaire, opposer cette France à la terre promise anglaise, aperçue dans le halo de bonheur des dernières images ? Dheepan, film aventureux, se termine sans doute trop bien, mais surtout, il se termine trop, replié sur des recettes déjà utilisées. En nous immergeant dans le monde de l'exil, auprès de personnages (et d'acteurs) d'une culture et d'une langue méconnues, Jacques Audiard prend des risques, et réussit le plus difficile. Dès lors, que n'a-t-il mené jusqu'au bout cette passionnante expérience de désorientation ? —

Louis Guichard

 

 

 

 

 

 

Dheepan : ne réveillez pas le tigre qui dort

 

La prison vue de l’intérieur dans Un Prophète, les membres amputés de Marion Cotillard dans De rouille et d’os, le destin d’un ex-guerrier tamoul dans Dheepan : la grande force du cinéma de Jacques Audiard est de se réinventer à chaque film, en investissant des territoires fictionnels inédits, dissimulant une grande continuité stylistique et thématique. Dheepan commence ainsi au Sri Lanka : devant un bûcher funéraire, un homme (le héros éponyme) se dépouille de ses habits de soldats pour revenir à la vie civile ; dans un camp de réfugiés, une jeune femme recherche une orpheline pour jouer le rôle de sa fille. Les trois personnages (l’homme, la jeune femme et la petite fille) vont se réunir pour émigrer en France sous l’identité d’une famille d’emprunt, et s’établir dans la cité du "Pré" où Dheepan obtient un boulot de gardien d’immeuble.

Avec leur regard naïf d’étrangers (le réalisateur évoque "le regard de l'autre" et notamment les Lettres persanes de Montesquieu) ils découvrent alors une autre réalité sociale, celle —pour aller vite— de ce qu’on appelle les "zones de non-droit" dans les banlieues françaises, à savoir un quartier entièrement tenu et géré par un gang de dealers. Avec le talent d’écriture et de mise en scène qu’on lui connaît, Jacques Audiard entremêle les difficultés quotidiennes de l’intégration (notamment le problème de la maîtrise de la langue française), les tiraillements internes de cette "famille de papier", et les menaces qui s’amoncèlent au dessus de la tête du héros (violence des dealers, retour du refoulé guerrier). Privé de ses repères (psychologiques, sociologiques ou narratifs) habituels, le spectateur est de plain-pied avec ses personnages, il avance avec eux en terrain inconnu, et cette absolue incertitude vaut tous les frissons de cinéma. Ce n’est qu’à la fin, alors que le film bascule dans le thriller, que l’on comprend où Jacques Audiard voulait nous emmener : les effets de réel (la directrice de l'école qui évoque la "classe d'UPE2A") ont ici pour seul but de donner du poids à la fiction, le propos social et politique s’abolit dans un cinéma de la pure sensation. Audiard est un manipulateur virtuose, qui met le réel au service de la fiction plutôt que l'inverse. L'expérience est jouissive pour le spectateur, mais on pourra préférer cinéma moins fabriqué.

Fiche technique

 

  • Long métrage - France - 2015 - 1h54
    Sorti le le 26 août 2015
    Distributeur : UGC distribution

    LISTE ARTISTIQUE

     

    Dheepan       Antonythasan Jesuthasan

    Yalini            Kalieaswari Srinivasan

    Illayaal         Claudine Vinasithamby

    Brahim          Vincent Rottiers

    Youssouf       Marc Zinga

     

  • LISTE TECHNIQUE

    Scénario  Noé Debré,Thomas Bidegain,Jacques Audiard

    Image      Eponine Momenceau

    Montage  Juliette Welfling

    Musique  Nicolas Jaar

    Décors    Michel Barthélémy (a.d.c.)

    Collaboration artistique   Héléna Klotz

    Costumes   C. Bourrec

    Son   Daniel Sobrino

    Montage son   Valérie Deloof

    Mixage   Cyril Holtz

    Casting  Philippe Elkoubi, Mohamed Belhamar

    Scripte   Nathalie Vierny

    1er assistant réalisateur  Jean-Baptiste Pouilloux

    Production exécutive   Martine Cassinelli

    PRODUCTION

    Why Not Production

La lettre de Michel

Vos impressions sur le film

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