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DHEEPAN Jeudi 24 Septembre 20h30
The look of silence Jeudi 12 Novembre 20h30
de Joshua Oppenheimer
Bande Annonce
Mostra de Venise :
Grand Prix du Jury
Prix Fipresci de la critique internationale
Festival Premiers Plans d'Angers :
Prix du Public
Mention spéciale du Jury
Festival 2 Valenciennes :
Grand prix du Jury
Prix de la Critique
Prix des Étudiants
Synopsis et détails
Une famille rescapée du génocide indonésien de 1965 découvre, à travers des images tournées par Joshua Oppenheimer, la manière dont leur fils a été assassiné, ainsi que l'identité des meurtriers. Adi, le plus jeune de la fratrie né juste après les massacres, est résolu à briser le tabou du silence et de la peur. Il confronte les responsables du meurtre de son frère - une chose inimaginable dans un pays où les assassins sont encore au pouvoir.
Documentaire, 103 min, Danemark, 2014, Version originale indonésien et javanais sous-titré français
Adi est ophtalmo itinérant. Au gré de ses visites, il enquête sur les circonstances de la mort de son frère aîné, assassiné pendant les grands massacres de 1965 et 1966 en Indonésie.
Le coup d'État militaire avait alors plongé le pays dans un bain de sang qui avait fait entre 500 000 et un million de morts, paysans, syndicalistes ou intellectuels accusés de « communisme ». Quarante ans plus tard, les bourreaux d'hier sont toujours au pouvoir. Ils ont fait fortune, exercent des responsabilités politiques et sont les voisins de leurs victimes. Dans les écoles, l'histoire officielle en fait des héros.
La caméra de Joshua Oppenheimer accompagne Adi dans sa confrontation avec les assassins. Patiemment, obstinément, malgré les menaces, ils s'emploient ensemble à vaincre le tabou du silence et de la peur.
A Ecouter
A Voir

Joshua Oppenheimer et la mémoire de l'Indonésie
Critiques

En 2012 sortait sur les écrans français The Act of Killing,documentaire malaisant où, pendant deux heures, on voyait des Indonésiens en chemise à fleurs, fanfarons et souvent alcoolisés, rejouer devant la caméra les atrocités qu’ils avaient commises dans les années 1965-66. Ces soudards étaient d’anciens membres des milices paramilitaires Aksi armées par le régime de Suharto pour éliminer par milliers communistes et prétendus tels. Une vaste purge, un crime de masse qui a fait entre 500 000 et un million de victimes et jusqu’à aujourd’hui resté totalement impuni pour la simple et bonne raison que les bourreaux se sont enrichis, ont profité de leurs exactions, brigué des postes politiques et qu’ils ne s’estiment coupables de rien, sinon d’avoir participé dans un flot de cadavres à l’avènement d’une démocratie prospère. Le cinéaste américain Joshua Oppenheimer a fait sensation partout où il est passé avec son film, suscitant aussi la controverse sur le rapport ambigu de complicité-duplicité qui l’avait conduit à galvaniser ces horribles vieillards pour qu’ils redoublent d’ardeur dans le mime de leurs tortures et meurtres. The Look of Silence a été tourné parallèlement à The Act of Killing, il reprend le même sujet mais du point de vue du frère d’une victime. Adi, la quarantaine, est un ophtalmo itinérant. Il vit avec sa femme, son fils et ses deux parents. L’histoire familiale a été à jamais marquée par le supplice de Rami, son frère aîné qu’il n’a pas connu. Attrapé par des hommes d’Aksi, il a été taillé en pièces, s’est échappé, est revenu à la maison où ses tortionnaires sont venus le récupérer et l’ont embarqué pour l’achever. Joshua Oppenheimer a filmé les deux hommes responsables de ce crime, ils sont au bord de la rivière Serpent et, cinquante ans après, ils semblent au détail près se souvenir des cris du frère d’Adi, de la manière dont ils l’ont poignardé à plusieurs endroits du corps et émasculé à la machette avant de le pousser dans l’eau. Adi, impavide, regarde ces images sur un écran de télévision. Il est le héros de cette quête de vérité. On le verra calmement interroger d’autres personnes directement impliquées dans ces ordalies politiques et la caméra enregistrera leurs bouffées d’agressivité intactes, leur haine inextinguible des «communistes». Autant The Act of Killing résonnait des jacasseries éhontées de leurs protagonistes, autant ici une coupole assourdie enferme les individus dans la torpeur accablée d’une coexistence édifiée sur de la terreur pure. Joshua Oppenheimer se défait ici du rapport de fascination pour le mal qui était au cœur du premier volet et il est libéré de ce sortilège par le regard même d’Adi, cet air songeur, lointain et néanmoins désireux de comprendre, qu’il garde quelles que soient les circonstances. Sa vengeance s’accomplit sans violence, en opposant aux monstres la preuve vivante qu’ils n’ont pas réussi à tout détruire.
Didier Péron
Dans ce voyage au bout l’horreur, Joshua Oppenheimer dénonce l’intolérable, avec subtilité et sans pathos.
L’argument : Adi Rukun est ophtalmo itinérant. Au gré de ses visites, il enquête sur les circonstances de la mort de son frère aîné, accusé de « communisme » et assassiné pendant les grands massacres de 1965 et 1966 en Indonésie.
La caméra de Joshua Oppenheimer accompagne Adi dans sa confrontation avec les assassins. Patiemment, obstinément, malgré les menaces, ils s’emploient ensemble à vaincre le tabou du silence et de la peur.
Notre avis : Avec The look of Violence, Joshua Oppenheimer poursuit son exploration des actes horribles commis par la junte militaire en Indonésie, envers plus d’un million de communistes ou présumés communistes, tués dans les années 1965-66. Cette suite au remarquable The Act of killing, réalisé en 2012, où témoignait les bourreaux d’hier, laisse place cette fois à Adi, un optométriste dont la junte a assassiné le frère et qui vit à proximité de ses bourreaux. Avec sa famille, il se refuse de vivre dans la peur, bien que les meurtriers d’hier soient encore aujourd’hui au pouvoir.
Le documentaire nous livre le témoignage à la fois saisissant et terrifiant de ces vieillards revivant sans honte et sans remord leurs crimes, qu’ils envisagent aujourd’hui comme s’il s’agissait d’exploits sportifs. Un malaise insidieux s’installe à la vision de leurs regards extatiques d’où, à aucun moment, la moindre empathie pour les disparus ne vient s’exprimer. En place et lieu de la commisération, c’est bel et bien à une remémoration jouissive que l’on assiste.
Dans son précédent documentaire, Oppenheimer interviewait un criminel de guerre dont à son insu ressortait un semblant de remords inconscients, comme si, en parlant, le meurtrier découvrait l’horreur de ses crimes ; rien de cela n’arrive ici, seul domine un cynisme insupportable.
Les questions d’Adi se heurte souvent aux refus de témoigner de ses compatriotes qui préfèrent pour certains affirmer qu’en ces années-là rien ne s’est passé sur le sol indonésien. Que la vie était simple et tranquille. Une amnésie contredite par le témoignage d’un autre ancien bourreau qui déclare avoir bu le sang de ses victimes pour ne pas devenir fou. De cette confrontation à une certaine incarnation du Mal, à cette infamie assumée et revendiquée par la junte militaire qui a laissé faire ces milices parallèles, The look of silencelorgne du coté d’un autre excellent documentariste : le cambodgien Rithy Panh.
Une prison de peur
Sans jamais en faire des tonnes, le film sécrète ainsi l’hypothèse poétique d’une réincarnation. Le chemin fastidieux d’Adi vers la réconciliation ne peut s’élever à la cause de toute une communauté (les survivants du génocide) que parce qu’il est le frère – et le visage – de celui qui en est le symbole. L’image d’Adi n’opère pas comme contrechamp apitoyé des bourreaux, il oppose plutôt à l’impudeur un visage et un regard – touché, qui ne le serait pas ?, mais jamais accusateur. Un esprit pinailleur pourrait reprocher à Oppenheimer ces contrechamps peu crédibles ; ce serait lui faire un procès bien mesquin. Car ce contrechamp n’est pas qu’une convention : il l’est, bien sûr, comme dans n’importe quel docu, mais en exposant le visage interdit d’Adi, il déborde surtout sa grammaire au bénéfice d’un sentiment. Ce silence, c’est celui de la peur. Une crainte très profonde et handicapante : aussi bien du côté des survivants que des familles des bourreaux, dont l’héritage de culpabilité pose un frein à la réconciliation – et ce au sein des mêmes villages. En attestent à la fois le père d’Adi – vieillard centenaire en proie à des crises d’angoisse enfantines, dont la cécité et la peur du croquemitaine tendent un miroir à ce pays pétrifié – et l’épilogue du film. Lequel aurait très bien pu s’achever sur le pardon d’une fille de meurtrier à Adi ; or, c’est par l’aveuglement d’une veuve et de ses fils, l’expulsion d’Oppenheimer et Adi de leur foyer, que le récit prend fin. Reste encore le spectacle d’une injustice, certes, mais surtout celui d’un blocage terrifiant, dont les maléfices survivent irrémédiablement à leurs auteurs.
Peut-être qu’au fond, c’est aussi le rôle de « l’Occidental en mission chez les sauvages » qui pose un peu problème. Mais à la différence d’un Hubert Sauper qui se garde bien de donner la parole aux victimes, c’est à l’une d’elles qu’Oppenheimer confie l’image de son film. Que The Act of Killing et The Look of Silence – largement vus en Indonésie, clandestinement, comme le rapporte le cinéaste – aient ouvert le débat dans les médias et entraîné le gouvernement Indonésien à ratifier une charte de « Vérité et Réconciliation » est une autre histoire. Mais enfin, c’est tellement rare que cela ne coûte rien de le dire.


Sidérant et inouï. Un grand film
France Inter - Cosmopolitaine
Joshua Oppenheimer révèle la vérité occultée d'un passé qui hante le présent, dans l'espoir que le peuple indonésien réalise lui-même le 3ème volet, en se libérant du mensonge.
France Culture – La Grande Table
Un documentaire vertigineux, d'une puissance implacable
l'un des plus grands films que vous verrez cette année au cinéma.
LCI TF1 News
Le film est d'une beauté, d'une finesse, d'une douceur qu'on croirait impossibles en d'aussi monstrueux parages
Le Monde
Un documentaire extraordinaire. D'une force incroyable.
Un film digne, indispensable, bouleversant.
L'Express
Le réalisateur filme avec pudeur la détresse d'une population assujettie par la terreur, mais toujours digne. Un récit bouleversant, composé de témoignages édifiants qui préfèrent le pardon et la réconciliation à la vengeance et à la haine.
Le Journal du Dimanche
Une fois encore, Joshua Oppenheimer a signé un film unique en provoquant une confrontation improbable entre victimes et bourreaux.
Rue 89
Un documentaire d’une grande puissance. (…) un aspect familier qui ne fait pas oublier quel peut être parfois le poids du cinéma pour le rétablissement de la justice.
Les inrocks
Galvanisant et glaçant. Seuls les grands films peuvent se prévaloir d’un impact aussi complexe sur les spectateurs, et surtout exhaler de telles forces. Contraires mais équilibrées : magnétiques en somme.
Positif
Un monument de cinéma, dont la diffusion dans le monde entier permettra peut-être d'améliorer le sort des Indonésiens
Première
Guidé par la bienveillance d’Adi, le film recèle un dessein d’une intelligence rare : substituer la réconciliation à la rancune, et le courage du pardon à l’aveuglement
Trois couleurs
Une plongée stupéfiante au cœur du génocide indonésien, (qui) allie puissance du récit et intelligence de la réalisation
Studio ciné live
Une réalisation d’une délicatesse inouïe. Un grand film
Causette
Indispensable binôme de The Act of Killing, le nouveau regard de Joshua Oppenheimer sur le douloureux passé de l’Indonésie se fond dans celui de son protagoniste principal, simple citoyen en quête de réponses face au révisionnisme généralisé
Sofilm
Fascinant. Sidérant.
Citazine
prenant et passionnant.
filmdeculte.com
Fiche technique
-
Réalisateur Joshua Oppenheimer
Co-réalisateur Anonymous
Produit par Signe Byrge Sørensen
Producteurs exécutifs Werner Herzog
Errol Morris
André Singer
Producteurs associés Anne Köhncke
Maria Kristensen
Heidi Elise Christensen
Joram Ten Brink
Co-producteurs Anonymous
Kaarle Aho
Torstein Grude
Bjarte Mørner Tveit
Directeur de la photographie Lars Skree
Caméra additionnelle Anonymous
Joshua Oppenheimer
Christine Cynn
Monteur Niels Pagh Andersen
Assistant monteur Mariko Montpetit
Montage son et mixage Henrik Garnov
Directeurs de production Anonymous
Anonymous
Régie Maria Kristensen
Heidi Elise Christensen
Assistants réalisateurs Anonymous
Assistants Production Anonymous
Assistant Caméra Anonymous
Gaffer Anonymous
Chauffeurs Anonymous
Assistant montage Virgil Kastrup
Post Production Maria Kristensen
Lina Wichmann
Archives Courtesy of NBC Universal Archives
Musique Seri Banang (traditional)
Mana Tahan (traditional)
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