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DHEEPAN Jeudi 24 Septembre 20h30
Merci patron Jeudi 12 Mai 20h30
de François Ruffin
Bande Annonce
Nous avions demandé auprès de la production un intervenant pour conduire un débat, mais celle -ci n'a pu..... ???? trouver une personne pour accompagner ce film, c'est bien dommage car il mérite débat sur le fond.
Synopsis et détails
Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, risquant désormais de perdre sa maison. C'est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d'un inspecteur des impôts belge, d'une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d'ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l'assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l'emporter contre un Goliath milliardaire ? Du suspense, de l'émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront-ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l'homme le plus riche de France ?
Demain - Extrait 1 -

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Critiques


François Ruffin, fondateur de Fakir, canard picard se présentant comme un journal d'enquête sociale « fâché avec tout le monde ou presque », aime vivre dangereusement. Au volant de son van siglé « J'aime Bernard », il parcourt le nord de la France. Bernard, c'est Bernard Arnault, pdg du groupe de luxe LVMH et bête noire des chtis. Ils n'ont pas oublié ce « prédateur industriel » qui, dans les années 1980, a démantelé le groupe textile Boussac-Saint-Frères. Après avoir vainement tenté de réconcilier le milliardaire et ses victimes lors de l'AG annuelle de LVMH, François Ruffin décide que la revanche du lumpenprolétariat passera par celle des époux Klur, chômeurs, surendettés et menacés d'expulsion par la faute de Bernard, responsable de la délocalisation de leur usine en Pologne. Objectif ? Sortir les Klur de la mouise en faisant cracher le crack du CAC 40.
Version picarde de Michael Moore, le journaliste activiste élabore un traquenard de haut vol avec suspense, changement d'identité et caméra cachée. La réalité s'en mêle avec ce personnage de barbouze, un ancien des RG devenu intermédiaire rocambolesque entre deux mondes... Jubilatoire, ce pastiche de thriller sur fond de lutte des classes réussit la gageure de réenchanter l'action dans une époque aquoiboniste. Moqueur sans condescendance, joyeusement combatif, le film est un parfait dosage d'humour et de constat social. La preuve que l'engagement peut être payant... — Mathilde Blottière
De quoi s’agit-il ? D’une comédie documentaire, genre rare, plus glissant qu’une savonnette, qui doit à quelques titans, hélas méconnus – Luc Moullet chez nous, Claudio Pazienza en Belgique –, ses lettres de noblesse. Encore a-t-on affaire avec Merci patron ! à une hybridation mutante du genre, intempestivement apparié avec le cinéma militant. Quelques noms, pour éclaircir le propos : Michael Moore, Pierre Carles, The Yes Men. Voyez le topo. Un mélange de flibuste cinématographique, de lutte idéologique et de satire bien trempée, qui suscite à la fois enthousiasme et réserve. Karl Marx, version caméra cachée. Bakounine, en vidéogag.
Or, quoi de neuf avec Merci patron ! ? Rien, si ce n’est que François Ruffin – que ses pairs nous pardonnent – signe le chef-d’œuvre du genre. L’histoire semble simplette, elle va rapidement donner le vertige. Voici donc la famille Klur. Serge, Jocelyne et leur grand. Employé de ECCE (société de confection industrielle filiale du groupe LVMH) à Poix-du-Nord, le couple a perdu son emploi après la délocalisation de la production en Pologne. Quatre ans plus tard, les Klur sont au bord du gouffre, tournent à 400 euros par mois, se voient menacés d’une saisie sur la maison qu’ils ont passé leur vie à construire. Ils se disent prêts à y mettre le feu, comme dans « La Petite Maison dans la prairie », quand leur route croise celle de François Ruffin. Calaisien de naissance, journaliste, fondateur d’un journal militant très actif à Amiens (Fakir), il est un opposant de longue date au groupe LVMH, dont la politique a été très rude pour le prolétariat du Nord.
De la pochade à l’épique
Les Klur font donc partie, au départ, du film gouailleur et potache, mais un tantinet convenu, que Ruffin a lancé pour régler ses comptes avec la grande puissance ennemie. Grillé chez LVMH, où il ne peut plus mettre un pied (l’achat d’une action lui avait ouvert l’assemblée des actionnaires où il entendait protester contre lapolitique du groupe), il ouvre avec cette famille un nouveau front, en tenue de camouflage cette fois. Leur conseillant de réclamer un fort dédommagement ainsi qu’une promesse de CDI pour Serge dans une enseigne du groupe sous peine de révéler leur cas à la presse, il écrit la lettre et les dossiers destinés aux médias en se faisant passer pour leur fils. En temps ordinaire, une telle doléance serait sans doute restée lettre morte. Cette fois – alors que l’image de Bernard Arnault est ternie par la divulgation de sa demande de nationalité belge –, il n’en va pas de même. Un émissaire secret est missionné par LVMH, la maison des Klur se transformant en chambre d’hôtel soviétique.
Ce qui se passe à compter de ce moment est époustouflant et fait entrer la pochade militante dans l’épique, avec Ruffin en nouvel Ulysse, et les Klur en cheval de Troie. Révéler le menu de cette comédie dramatique gâcherait le plaisir du spectateur. Le taire l’inciterait peut-être à ne jamais le devenir. Optons pour la télégraphie. Soit un ex-commissaire des renseignements généraux qui négocie le silence des Klur en jouant la connivence de classe et en les prenant pour des imbéciles. Les Klur, avec leur accent au couteau et leur air populo, qui jouent avec délectation ce rôle pour mieux enfariner l’ennemi. Ruffin, faux benêt, vrai matois, qui se déguise en fils Klur comme dans les farces. Un baron socialiste enfin, secrétaire général de LVMH, qui entre dans la danse pour neutraliser le Ruffin public de Fakir qui joue sa partition autour des Klur, mentionne dans le cours de leur conversation (enregistrée à son insu) l’arrangement secret passé avec eux, permettant sans le savoir à Serge de décrocher son CDI pour de bon et au film d’exister.
Question mise en scène, tension dramatique et jubilation du spectateur, on a basculé du côté de la fiction
Blâmez le réalisateur tant que vous voulez pour ses méthodes. Suspectez, à juste raison, sa malhonnêteté de jeter un doute sur l’intégrité du film. Il n’en reste pas moins que, au regard des comportements désastreux qu’il révèle, le péché paraît véniel. Question mise en scène, tension dramatique et jubilation du spectateur, on a d’ailleurs basculé du côté de la fiction. Ernst Lubitsch (pour le quiproquo, le déguisement, le commissaire dupé dans les grandes largeurs), Frank Capra (pour le grain de sable humaniste qui détraque un système perverti), Bruno Dumont (pour la sainte et truculente simplicité flamande) ne sont pas loin. Imaginez par là-dessus les Charlots et leur tube prolo détendu de 1971 (Merci patron), et vous obtenez, sur fond de disparition prétendue du peuple, le film le plus insolemment populaire de cette nouvelle année 2016.
Après avoir fondé Fakir, un journal satirique du Nord de tendance libertaire, François Ruffin se lance dans le cinéma avec un documentaire pugnace à la Michael Moore. Tout comme ce dernier s’en prenait, dansRoger et moi (1989), au pdg de General Motors qui avait mis toute la ville de Flint au chômage, Ruffin s’attaque sur le mode de la dérision à Bernard Arnault, directeur de LVMH, coupable selon lui d’avoir participé au démantèlement du tissu industriel du nord de la France en fermant et délocalisant des usines textiles.
Dans le cas présent, Arnault a déplacé en Pologne l’usine Kenzo de Poix-du-Nord. Ruffin rend visite à divers chômeurs victimes de cette fermeture, jusqu’au jour où il rencontre la famille Klur, à deux doigts de l’expulsion à cause d’une dette d’assurance qu’elle ne peut pas payer. Ruffin, qui n’a peur de rien, conçoit alors avec cette famille un stratagème pour extorquer la somme à Arnault (une goutte d’eau pour la deuxième fortune de France).
Feintes et déguisements
Contre toute attente, la manœuvre fonctionne et le couple est sauvé. Au-delà du résultat, de la revanche de classe, le ton véritablement farcesque du documentaire le distingue du tout-venant des films sociopolitiques. Il y a un vrai sens de la mise en scène dans les tractations du couple Klur avec un émissaire d’Arnault.
Comme dans toutes les bonnes farces, on feinte et on se déguise. Lors des entrevues, Ruffin – avec les cheveux décolorés et des lentilles de contact – se fait passer avec un aplomb incroyable pour le fils Klur. L’émissaire ne reconnaît pas Ruffin, qu’il avait pourtant expulsé peu de temps avant d’une réunion d’actionnaires de LVMH.
Digne de Molière
Ces visites sont filmées en caméra cachée. L’envoyé d’Arnault insiste bien sur la confidentialité de ce don : il sera caduc s’il est divulgué. Ce que l’émissaire ne sait pas, c’est que d’un autre côté un conseiller d’Arnault va vendre la mèche en déclarant à découvert devant la caméra de Ruffin que son patron s’est personnellement occupé du cas des Klur. La clause de confidentialité vole en éclats…
A côté de la réflexion sociale réelle, irréfutable, juste, le documentaireMerci patron ! a une dimension jouissive en détaillant sur un mode humoristique la victoire inespérée du pot de terre contre le pot de fer. Les dialogues en caméra cachée ont une truculence digne de Molière. D’ailleurs, on verrait très bien cet épisode sous forme de pièce de théâtre. On espère avoir trouvé la relève politico-satirique de Pierre Carles, qui jouait jadis le poil à gratter des puissants.
Comme on ne risque pas d’avoir les studios Universal sur le dos et qu’en réalité il ne s’agit pas tout à fait d’un film à suspense, on peut révéler l’intrigue de Merci patron !, de François Ruffin (1). C’est l’histoire de Serge et Jocelyne Klur, employés d’Ecce, filiale du groupe LVMH, plus exactement employés de son usine de Poix-du-Nord, jadis chargée de la confection des costumes Kenzo. « Jadis », car, mondialisation oblige, le groupe a cru bon d’en délocaliser toute la production en Pologne. Moyennant quoi les Klur ont été invités à se rendre employables ailleurs. Cependant, ils explorent méthodiquement la différence entre employables et employés. Depuis quatre ans. Evidemment, la fin de droits a été passée depuis belle lurette, on tourne à 400 euros par mois, la maison est fraîche — forcément, il n’y a plus de chauffage, et il a fallu se replier dans la seule pièce habitable. Au rayon des vertus tonifiantes, on compte aussi l’élimination de tout excès alimentaire et l’adoption de saines résolutions diététiques ; on peut même aller jusqu’à parler de rationnement — Noël avec une tartine de fromage blanc, les amis de la frugalité apprécieront.
On en est là, c’est-à-dire déjà sur un grand pied, quand survient un avis de saisie de la maison, ni plus ni moins, à la suite d’une ardoise d’assurance de 25 000 euros. Pour les Klur, qui considèrent qu’on est « un gros », voire « un capitaliste », à partir de 3 000 euros par mois, c’est là tomber d’un coup dans des ordres de grandeur qui font sortir de la Voie lactée. Ce qui n’empêche pas d’ailleurs de tirer des conséquences pratiques. En l’occurrence sous la forme du projet, si c’est ça, de foutre le feu à la maison — la seule chose que les Klur aient vraiment eue à eux et dont ils ont tiré à peu près tout ce que l’existence leur a réservé de joies.
On ne fait pas plus local que le cas Klur. Et on ne fait pas plus global non plus. Car les Klur offrent en concentré un résumé presque complet du système. Pourtant, contrairement à bon nombre de ceux qui ont traité avant lui de la condition salariale à l’époque néolibérale, le film de François Ruffin n’a aucune visée analytique ou pédagogique. C’est un film d’un autre genre, difficilement identifiable, d’ailleurs, au regard des catégories cinématographiques habituelles. Le plus juste serait sans doute d’en dire qu’il est un film d’action directe. Car Ruffin, qui a Bernard Arnault dans le collimateur depuis un moment, veut littéralement faire quelque chose de la situation des salariés d’Ecce. En 2008, déjà, il avait fait débouler impromptu les licenciées à l’assemblée générale des actionnaires de LVMH (2). Cette fois, ce sera l’attaque frontale : Klur-Ruffin contre Arnault. L’époque néolibérale enseignant que si l’on ne demande pas avec ce qu’il faut de force, on n’obtient rien, Klur-Ruffin va demander. Avec ce qu’il faut de force. En l’occurrence : 45 000 euros de dédommagement pour réduction à la misère, plus un contrat à durée indéterminée (CDI) quelque part dans le groupe pour Serge ! Et sinon, campagne de presse. Pas Le Monde, pas France Inter, pas Mediapart : Fakir, journal fondé par Ruffin et basé à Amiens. Tremblez, puissants ! suite
Un documentaire politique à l’humour débridé largement inspiré de la bonhomie de Michael Moore. L’approche de François Ruffin fait mouche.
L’argument : Pour Jocelyne et Serge Klur, rien ne va plus : leur usine fabriquait des costumes Kenzo (Groupe LVMH), à Poix-du-Nord, près de Valenciennes, mais elle a été délocalisée en Pologne. Voilà le couple au chômage, criblé de dettes, et risquant désormais de perdre sa maison.
C’est alors que François Ruffin, fondateur du journal Fakir, frappe à leur porte. Il est confiant : il va les sauver. Entouré d’un inspecteur des impôts belge, d’une bonne soeur rouge, de la déléguée CGT, et d’ex-vendeurs à la Samaritaine, il ira porter le cas Klur à l’assemblée générale de LVMH, bien décidé à toucher le coeur de son PDG, Bernard Arnault. Mais ces David frondeurs pourront-ils l’emporter contre un Goliath milliardaire ?
Du suspense, de l’émotion, et de la franche rigolade. Nos pieds nickelés picards réussiront-ils à duper le premier groupe de luxe au monde, et l’homme le plus riche de France ?
Notre avis : Dans la grande tradition du documentaire de Gauche qui profane la bienséance des discours économiques ressassés sur les grandes chaînes d’information en continu, Merci Patron sort en plein débat sur la révision du code du travail par une certaine Gauche au pouvoir. Cette heureuse coïncidence vient rappeler aux endormis de la République les ravages d’un certain capitalisme qui, sous prétexte d’offrir des postes aux travailleurs, enrichit l’unité d’un homme (le cas du milliardaire Bernard Arnault, contre lequel tout le projet est bâti) contre l’unité des travailleurs, vassaux jetables, exploités et licenciés, au nom d’une entreprise tentaculaire qui semble vivre non pas pour servir l’ouvrier, mais, selon cette thèse, pour l’asservir.
Sur le ton d’un humour jovial toujours pertinent dans sa manifestation, celui du journaliste François Ruffin, fondateur du journal Fakir, qui emprunte beaucoup dans sa démarche à Michael Moore, la charge contre le grand capital est jubilatoire. La dénonciation des méthodes opaques sur lequel le gourou de LVMH semble avoir érigé son empire, en se repaissant de la misère de gens conduits au désespoir, se traduit par la fausse incarnation des idées du milliardaire par le journaliste-réalisateur qui vient trouver les dépossédés de cette ascension en leur vantant les mérites humains et professionnels de la 2e fortune de France.
La confrontation culottée des idées libérales avec la dure réalité des laissés-pour-compte du système Arnault, consistant à fermer des usines, délocaliser ou se spécialiser dans des domaines plus rentables (ah, le Luxe, pas élitiste du tout, ce domaine), permet des rencontres franches, cocasses et in fine émouvantes, même si le ton n’est jamais au pathos, à l’émotion artificielle comme dans un documentaire sensationnel de 2e partie de soirée sur nos chaînes de télévision.
Faute d’inserts pop à l’américaine comme Michael Moore aime agrémenter ses thèses, le style journalistique de Ruffin est rustique, mais fort d’une féroce ironie et d’une grande tendresse qui transpire à l’écran, nonobstant la façade humoristique à laquelle on ne s’arrêtera évidemment pas, tant les témoignages humains sont puissants dans leur simplicité. Au jeu du déguisement et de la caméra cachée, le trublion parvient à toucher des vérités bien connues de chacun, mais souvent oubliés par l’esprit émoussé du téléspectateur moyen, manipulé par certains médias pour qui tout milliardaire mérite son argent et ne devrait pas rougir de honte devant sa réussite.
Merci Patron ? Non ! Effectivement, on ne remerciera pas l’altruisme du Patron du CAC 40, mais plutôt l’effort d’une vérité rarement entendue, celle d’un Robin des Bois des temps modernes, armé d’impertinence et d’un jusqu’au-boutisme en guise d’arc et de flèches.




Fiche technique









