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DHEEPAN   Jeudi 24 Septembre  20h30

Avril et le monde truqué                Jeudi 17 Décembre 20h30

de Franck Ekinci et Christian Desmares

Bande Annonce

Synopsis et détails

 

 

1941. Le monde est radicalement différent de celui décrit par l'Histoire habituelle. Napoléon V règne sur la France, où comme partout sur le globe, depuis 70 ans, les savants disparaissent mystérieusement, privant l'humanité d'inventions capitales. Ignorant notamment radio, télévision, électricité, aviation, moteur à explosion, cet univers est enlisé dans une technologie dépassée, comme endormi dans un savoir du XIXème siècle, gouverné par le charbon et la vapeur. 
C'est dans ce monde étrange qu'une jeune fille, Avril, part à la recherche de ses parents, scientifiques disparus, en compagnie de Darwin, son chat parlant et de Julius, jeune gredin des rues. Ce trio devra affronter les dangers et les mysères de ce Monde Truqué. Qui enlèvre les savants depuis des décennies ? Dans quel sinistre but ? 

 

Avril et le monde truqué - Extrait 1 - 

 

Avril et le monde truqué - Extrait 2 - 

 

Avril et le monde truqué - Extrait 3 - 

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A Ecouter

Critiques

Nous sommes en 1941, sous le règne de Napoléon V... ­Cela s'appelle une uchronie, un conte fondé sur la question « Et si ? ». En l'occurrence : et si, aux environs de 1870, tous les savants du monde s'étaient volatilisés avant d'avoir pu partager la moindre invention ? Sans eux, aucun progrès. On en est resté à l'ère de la vapeur et du charbon. Le phénomène a fait dérailler l'Histoire : ni guerres mondiales ni républiques. Dans cet étrange contexte, la jeune Avril, fille d'un couple de scientifiques, mène l'enquête sur leur disparition, aidée par Julius, un petit voyou aussi louche que charmant. Dans un monde stagnant, enfumé, asphyxié, où plus aucun arbre ne tient debout, cette aventure d'animationsteampunk est d'abord un extraordinaire laboratoire pour l'imaginaire. Les deux réalisateurs ont entièrement « reconstruit » un Paris selon leur fantaisie, déployant les idées les plus débridées. Double tour Eiffel, voitures à vapeur, zeppelins et monumentale statue néo-napoléonienne, dans l'oeil de laquelle habite Avril avec Darwin, son délicieux chat parlant et intello.

Visuellement, cet univers rétrofuturiste doit tout à la patte inimitable de Jacques Tardi, responsable de la conception graphique du décor et des personnages. Au-delà même du dessin, identifiable entre tous, le film entier est un hommage riche, drôle et ­intelligent à l'oeuvre du maître de la bande dessinée. Tout, ici, ressemble à une sorte d'album mutant d'Adèle Blanc-Sec, particulièrement réussi, et jubilatoire. A commencer par les personnages. Cette Avril fantasque, bourrue, véritable petite soeur d'Adèle ; ces flics à moustache obtus, acharnés à commettre un maximum d'erreurs judiciaires. Mais aussi Pops, le vieillard farfelu et génial, dernier spécimen d'une délirante collection de savants fous. On pourrait presque aussi, dans de brumeuses ruelles bordées d'entrepôts, sur des quais parisiens encombrés, croiser le fantôme de Nestor ­Burma, le héros de Léo Malet mis en images par Tardi.

Un hommage, oui, mais pas une photocopie figée. Avril a des qualités singulières : le rythme, l'imagination en mouvement. Toute la puissance d'évocation du cinéma, à commencer par les voix malicieuses, virtuoses des comédiens derrière les dessins, de Philippe Katerine (le chat) à Marion Cotillard (Avril) et Jean Rochefort (Pops). Si chaque invention visuelle est si excitante, c'est qu'elle n'est pas un simple élément de décor, mais un vrai rouage dans une belle mécanique narrative. Il en va ainsi du dernier arbre ­vivant, exposé dans une immense verrière, lieu de rendez-vous mystérieux et poétique, qui renvoie à la nostalgie très écolo d'un monde perdu, comme un signe discrètement alarmiste à notre propre présent. Et lorsque le ­secret des savants disparus est enfin percé, les deux réalisateurs changent brusquement d'univers, s'affranchissent tout à coup de la planète Tardi, avec une liberté amusante, effrontée. Avril, ou l'hommage truqué... — Cécile Mury

 

 

 

 

 

 

Première originalité qui ne manquera pas de séduire : Avril et le monde truqué est résolument steampunk (littéralement : punk à vapeur). Ce terme désigne les œuvres dont l’action se déroule dans la société industrielle du XIXe siècle. Au menu des ces romans, machines à vapeurs et révolution industrielle. Le genre steampunk s’est ensuite étendu, devenant une véritable esthétique et gagnant en conséquence tous les types d’arts, jusqu’au cinéma. Le dessin de Tardi au trait si particulier et son imagination foisonnante alliés à ce genre de proposition rétrofuturiste, le projet a déjà de quoi mettre en appétit. Mais les qualités du dessin animé ne s’arrêtent pas là.

 

Avril et le monde truqué est une uchronie. Dans cette nouvelle histoire de France (et du monde), l’électricité n’a jamais été inventée. C’est donc le charbon qui domine. Des tramways, de la vapeur dans tous les sens et du métal, comme si Paris n’était plus constitué que par ses toits, ceux qui ont un aspect si charmant aux yeux des touristes. Ce Paris là est abusif, jusqu’à comprendre non pas une mais deux tours Eiffel. Critique superbe de notre propension à en faire trop, c’est une ville ultra polluée où – en partie à cause de la disparition mystérieuse de tous les scientifiques – on a appris à faire plutôt qu’à réfléchir. 
Mais les auteurs ne se sont pas contentés de cette proposition digne d’un bon film d’anticipation, ils ont apporté une touche spéciale à cette histoire. Leur héroïne Avril , qui donne son nom au film, est en effet particulièrement intelligente. C’est une scientifique fauchée résolument rebelle : Elle se cache pour exercer son métier et son talent de chercheuse. Avec ses cheveux courts et ses habits usés, son apparence dont elle se fiche ouvertement, Avril incarne un nouveau genre d’ héroïne. À la suite de Mérida, la Rebelle de Pixar, sa quête n’est pas tournée autour de la recherche d’un prince charmant mais d’un remède miraculeux. Bref : Avril aimerait sauver le monde avant de se sauver elle-même. Cette poursuite, très concrète, évacue du métrage tout le romantisme éculé auquel nous avait habitué bon nombre de dessins animés contemporains. 

N’hésitant pas à nous évoquer un avenir peu reluisant – on pense à Steamboy ou à Wall-e avec son futur pollué où les humains ont organisé leur propre dépendance à quelque chose qui leur fait du mal- le film est dynamique, voir virevoltant. Il faut voir ce Paris enfumé et charbonneux, ce déluge de machines à vapeur et surtout ces méchants dont on ne révèlera pas l’identité... Avril évolue dans un univers où exercer sa science est une honte. C’est une solitaire, fauchée et désespérée dont le courage est la seule arme. Vous l’aurez sans doute compris : le film n’a pas pour ambition de vous compter fleurette. C’est tant mieux. Cette liberté permet aux auteurs de déployer un véritable récit d’aventure aussi ambitieux que généreux. Il offre des scènes d’action splendides garnies de punchlines à l’ancienne.
Si l’univers est sombre, ces touches lumineuses viennent rehausser l’histoire qui évite l’écueil du pathos. Même le compagnon d’Avril - un chat qui parle - est rendu délicieusement atypique à travers la voix qu’on lui prête qui n’est autre que celle du chanteur Philippe Katherine. Le reste du casting voix est d’ailleurs impeccable. C’est une Marion Cotillard farouche qui prête son timbre à Avril et Olivier Gourmet interprète son père. A leur suite : Jean Rochefort, Marc André Grondin, Bouli Lanners... Un chapelet de voix francophones quatre étoiles.

Six ans de travail ont été nécessaires pour mettre en image le foisonnant univers graphique de Tardi, Rien d’étonnant, au vu du résultat : un superbe mélange des genres à la hauteur de ce labeur. Avril et le monde truqué investit le meilleur de chaque talent ayant pris part au dessin animé pour nous offrir un monde rétrofuturiste varié, coloré, tantôt drolatique, tantôt sombre.
Justement récompensé par le cristal du long métrage au festival d’animation d’Annecy, Avril et le monde truqué est une réussite. Par l’ambition intellectuelle de son scénario et son superbe univers graphique. Par le ton et l’humour distillés tout au long de l’histoire. Par son interprétation joliment placée. Parfaite illustration de l’adage « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », la petite mécanique steampunk d’Avril et le monde truqué va vous faire changer de regard sur la capitale.

Fiche technique

  • Avril et le monde truqué

  • France, Canada, Belgique -

  • 2013

  • Réalisation: Christian Desmares,Franck Ekinci

  • Scénario: Franck Ekinci, Benjamin Legrand

  • Son: Yann Lacan, Thierry Lebon

  • Montage: Nazim Meslem

  • Musique: Valentin Hadjadj

  • Producteur(s): Marc Jousset, Franck Ekinci, Brice Garnier, Denis Delcampe

  • Production: Je Suis Bien Content, StudioCanal, Kaïbou Production UMT Inc., Need Productions

  • Interprétation: Marion Cotillard (Avril), Philippe Katerine (Darwin), Jean Rochefort (Pops), Olivier Gourmet (Paul), Marc-André Grondin (Julius), Bouli Lanners (Pizoni), Anne Coesens (Chimène), Macha Grenon (Annette), Benoît Brière (Rodrigue)...

  • Création et univers graphique:Tardi

  • Direction artistique: Christian Desmares, Luciano Lepinay

  • Distributeur: StudioCanal

  • Date de sortie: 4 novembre 2015

  • Durée: 1h45

Les auteurs : 

Tardi
Virtuose du noir et blanc, dessinateur inégalé des ruelles sombres et des pavés luisants, contempteur infatigable de la bêtise humaine et obsédé par la guerre, Tardi est l'un des maîtres de la BD. Le style de Tardi est un mélange de fantastique, de clins d’oeil au roman populaire et de second degré réjouissant, dans le cadre d’un Paris aujourd'hui disparu. Parmi ses oeuvres marquantes « Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-­‐ Sec », « le cri du peuple » d’après le roman de Jean Vautrin et dernièrement « Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B ».

Franck Ekinci
Après avoir travaillé dans la publicité, la bande-­‐dessinée et l’illustration, Franck Ekinci, avec Marc Jousset, a fondé le studio d’animation Je Suis Bien Content en 1996. Producteur, réalisateur, scénariste de programmes TV jeunesse et de films d’animation pour TF1, France 3, Disney, Arte, CANAL +… Co-­‐réalisateur d’AVRIL ET LE MONDE TRUQUÉ avec Christian Desmares.

Benjamin Legrand
Venu de l’audiovisuel Benjamin Legrand, débute son parcours dans la bande dessinée pour Tardi en 1984. Il enchaine en travaillant avec Rochette (« Requiem blanc » et « L’Or & l’esprit »). Fin des années 90, Lob disparu, Legrand conçoit pour Rochette le scénario de la suite du « Transperceneige ». Il fera de même pour une autre création de Lob, « Delirius », à laquelle il donnera une suite mise en images par Philippe Druillet, « Lone Sloane – Delirius 2 ». 

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« Avril et le monde truqué » : rencontre avec le co-réalisateur et le scénariste

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L'exposition

Les livres

Avril et le monde truqué, l’album du film. A partir de 8 ans Un album grand format, des illustrations pleine page et le récit des moments-clés du film. Aventure, mystères, humour...

.Une adaptation de l'histoire en roman illustré. Pour vivre ou revivre les aventures d'Avril dans un Paris uchronique

Imaginée sur mesure par son vieux complice Benjamin Legrand (Tueur de Cafards), une aventure uchronique dans les anénes 1930 revue à la mode Steampunk. Dans une France de 1941 endormie au XIXè siècle (ni électricité ni pétrole, les plus grands savants mondiaux disparaissent mystérieusement. Une jeune fille, Avril, part à la recherche de ses parents, scientifiques qui eux-aussi se sont volatilisés sans explication. Aventures, Mystères, Humour... et Vapeur ! Le tout dans le style inimitable de Tardi : un véritable régal, qui rappelle Le Démon des glaces ou Adèle Blanc-Sec. Toutes les recherches de personnages et de décors, les story-boards, les ambiances dessinées par Tardi pour la production du film sont rassemblés et commentés par le scénariste, Benjamin Legrand. Des dizaines de dessins totalement inédits de Tardi !

L'oeuvre de Tardi

Le Paris des Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec de Jacques Tardi

 

Jacques Tardi, célèbre dessinateur de bandes dessinées, s’est plu à mettre en scène Paris en adaptant de nombreux polars, s’associant ainsi à certains de ses grands noms, notamment Jean-Patrick Manchette, Léo Malet, Didier Daeninckx ou Pierre Siniac. Parmi les différentes séries créées ou adaptées par Tardi, Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec qui lui assurèrent la célébrité retiennent tout particulièrement l’attention du fait de la particularité de la mise en scène de Paris qu’elles proposent, et qui permet d’éclairer la question des représentations de la ville noire d’une manière originale.

Portrait de Jacques Tardi autour de la grande guerre

Jacques Tardi dessine

Les réalisations de Jacques Tardi 

La lettre de Michel

Vos impressions sur le film

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