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DHEEPAN   Jeudi 24 Septembre  20h30

A peine j'ouvre les yeux                            Jeudi 11 Février 20h30

de Leyla Bouzid

Bande Annonce

Synopsis et détails

 

Tunis, été 2010, quelques mois avant la Révolution, Farah 18 ans passe son bac et sa famille l'imagine déjà médecin… mais elle ne voit pas les choses de la même manière.

Elle chante au sein d¹un groupe de rock engagé.

Elle vibre, s'enivre, découvre l'amour et sa ville de nuit contre la volonté d'Hayet, sa mère, qui connaît la Tunisie et ses interdits.

 

 

 

 

 

Mostra de Venise

  • Label Europa cinéma du meilleur film européen 

  • Prix du Pubic

 

A peine j'ouvre les yeux - Extrait 1 - 

A Ecouter

A peine j'ouvre les yeux - Leyla Bouzid
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Critiques

Leyla Bouzid réalise un excellent film sur son pays, la Tunisie. A peine j’ouvre les yeux est son troisième long métrage. Elle va surtout filmer la jeunesse tunisienne mais avant la Révolution, avant le Printemps arabe. L’histoire se situe volontairement en 2010, alors que Ben Ali est encore au pouvoir. Mais Leyla a écrit le scénario de son film bien après le départ de Ben Ali. Alors que la plupart des réalisateurs se sont centrés sur la Révolution, son désir à elle étaient de montrer la réalité de la vie quotidienne sous la dictature de Ben Ali, en particulier, la vie des jeunes, à travers l’histoire de cette jeune adolescente, Farah.

 

Farah est une jeune fille, brillante, qui vient de passer son bac. Elle chante avec un groupe de musiciens. La musique est belle et les paroles sont des vérités crues sur leur pays, vérités que personne n’ose dire. Farah chante pour faire passer ses émotions, sa révolte. Mais sa mère a peur. Elle veut protéger sa fille car elle, elle sait qu’elle se met en danger en chantant ainsi. Elle s’expose sans s’en rendre compte. Elle lui interdit donc de rejoindre son groupe et tente de l’enfermer chez elle. Bien sûr, Farah étouffe, et réussit à s’enfuir. La suite de l’histoire donnera raison à la mère de Farah. Ce film pourrait presque être un documentaire car très proche de la réalité. Plusieurs faits sont réellement arrivés à la réalisatrice. Ce film est un film vrai, sincère et de ce fait, il a été très bien perçu en Tunisie où il a remporté 4 prix.

 

Ce film est un film vrai, sincère, poignant

Farah est merveilleusement interprétée par Baya Medhaffar. Lors d’une avant-première, c’est elle-même qui a présenté ce film A peine j’ouvre les yeux. Impossible de ne pas poser de questions sur la situation actuelle de la Tunisie. Et ce que nous a révélé Baya fait froid dans le dos. La situation des tunisiens est encore pire aujourd’hui qu’au temps de Ben Ali. Et du fait des attaques terroristes, tout est bon aujourd’hui pour mettre les jeunes en prison. 7000 jeunes seraient en prison juste pour avoir fumer un joint. Les libertés personnelles sont restreintes. Les jeunes sont toujours empêchés de chanter, de créer. Comme dans le film, les indics sont partout, y compris au milieu de vos amis. Donc, chacun se méfie de tout le monde. Les scènes au commissariat de police sont assez proches de la réalité, mais en plus soft. Il est clair que beaucoup de personnes ont été torturées et sont marquées à vie si elles s’en sont sorties vivantes.

 

Petit bonus sur le film A peine j’ouvre les yeux  : les scènes de musique, composée par Khyam Allami, sont toutes tournées en live, avec un groupe composé de professionnels, excepté Baya. La mère de Farah est, dans la vraie vie, une grande chanteuse connue en Tunisie, qui fait beaucoup de concerts,Ghalia Benali . Et dans ce film, elle joue le rôle d’une mère qui interdit à sa fille de chanter ! Le comble ! Mais c’est une interprète remarquable ! La fin du film A peine j’ouvre les yeux est d’une très grande beauté. Ces deux visages mère-fille, sont bouleversants d’amour et d’intimité.

Baya est une jeune femme qui porte le film sur ses épaules. Un très beau film sur la jeunesse et leur pouvoir de créativité. Non seulement Baya Medhaffar est une excellente actrice, mais elle est aussi une personne qui connaît parfaitement l’histoire de son pays, qui en parle avec une maturité inouïe et avec la fougue de la jeunesse. Retenez bien son nom, vous en entendrez parler certainement très prochainement, dans le monde du cinéma. Car Baya veut devenir réalisatrice !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tunis, été 2010, quelques mois avant la révolution. Farah, 18 ans, a tout pour elle : belle comme le jour, tout juste bachelière, elle chante comme elle respire dans un groupe rock engagé. Sa mère s'inquiète : elle sait combien il est dangereux, dans un Etat policier, d'être une fille affranchie qui refuse de se taire... Gracieux coup de poing que ce premier long métrage qui combine ardeur politique et qualités musicales — les scènes de concert du groupe sont électrisantes. A travers le portrait de cette insoumise, ce teen movie d'émancipation exprime, aussi, la soif de liberté de toute une génération. Pour son premier rôle à l'écran, Baya Medhaffar a la beauté d'une Sophie Marceau de « boum orientale » et la rage, sur scène, d'une Joan Jett. Sa mère, qui lui interdit de chanter, est formidablement incarnée, et c'est piquant, par la chanteuse tunisienne Ghalia Benali.

Avec ce film qui a raflé des prix dans tous les festivals (y compris en Tunisie, où le film sera sur les écrans en janvier), la jeune cinéaste marche, la tête haute et les yeux grands ouverts, sur les traces de son père, Nouri Bouzid, réalisateur, en 1986, de L'Homme de cendres, censuré un temps dans son pays, avant d'y rencontrer un large succès. Fille du printemps arabe, Leyla, elle, ne risque de connaître, et c'est tant mieux, que le succès. — Guillemette Odicino

 

 

 

 

 

 

 

 

A PEINE J’OUVRE LES YEUX était déjà précédé d’une belle réputation et des prix qu’il venait de remporter dans différents festivals (Prix du Public à la Mostra de Venise et Bayard d’Or du Meilleur Film Européen au Festival du Film Francophone de Namur) lorsqu’il a été présenté au Festival  International du Film Indépendant de Bordeaux en octobre dernier. Il y a d’ailleurs remporté le Prix du Jury Erasmus.

 

La réalisatrice Leyla Bouzid a choisi de situer son premier long métrage en 2010. Présente lors de l’avant-première, elle nous a dit avoir brossé un portrait sans concession du contexte politique tunisien tout en convenant que finalement, peu de choses avaient changé depuis pour la jeunesse d’aujourd’hui. Ce premier scénario, co-écrit avec Marie-Sophie Chambon, aborde de façon originale et initiatique la confrontation de Farah (Baya Medhaffar) à un monde adulte dans cette Tunisie d’avant le Printemps Arabe. Elle était jusqu’alors protégée par sa famille : sa mère Hayet (Ghalia Benali), son père Mahmoud ou la femme de ménage confidente Ahlem.

Ses parents voudraient qu’elle devienne médecin mais ce qui fait vibrer Farah, c’est la musique et les textes engagés qu’elle chante à propos de son pays. Jeune rebelle passionnée, Farah n’a pas conscience des enjeux politiques véhiculés par ses chansons par le biais de l’émotion qu’elles provoquent. Le titre du film est d’ailleurs issu d’une chanson qui évoque son pays : « A peine j’ouvre les yeux, je vois des gens éteints ». Les endroits dans lesquels le groupe se produit sont quelque peu risqués : des bars d’hommes, des salles de concert qui ferment ou des gérants qui coupent l’électricité pour empêcher le public d’entendre leur musique.

Sa mère, Hayet, qui connaît les risques d’une censure politique et policière, essaiera de dissuader sa fille de s’impliquer davantage. Farah se retrouvera ainsi prise entre deux feux et entourée de personnes qui lui demandent de choisir un camp, lorsque cela lui est fondamentalement impossible : sa mère (la raison) ou son amoureux, Bohlène, qui joue dans son groupe de rock (la passion). Mais c’est cela l’apprentissage de la vie : tout le monde peut s’évertuer à vous mettre en garde, on n’y croit pas tant qu’on n’a pas expérimenté par soi-même.

Nous ne dévoilerons pas la fin du film qui met très bien en évidence le fil du rasoir qu’emprunte la jeune héroïne, nous invitant à de multiples réflexions portant sur les notions de liberté et de ses limites, d’engagement, de censure et de résistance. Il est aussi question de transmission familiale, de relation mère-fille, de relation père- fille, de confiance, de bienveillance et d’amour.
Par ailleurs, le regard dérangeant et dur que portent les hommes sur les femmes, et les efforts de celles-ci pour ne pas se faire remarquer nous montrent à quel point le féminisme a encore du chemin à faire dans ce pays.

 

« À PEINE J’OUVRE LES YEUX confronte avec émotion une jeune fille rebelle passionnée de musique à la censure de la Tunisie d’avant le Printemps Arabe. »

 

Leyla Bouzid nous a dit avoir cherché longtemps ses deux interprètes principales, et nous pensons qu’elle a eu raison de prendre son temps, parce que toutes deux apportent au film une belle énergie ! Elle offre ainsi son premier rôle au cinéma à Baya Medhaffar, qui chante également dans le film. Remarquée au Festival de Saint-Jean de Luz, puisqu’elle a déjà obtenu le Prix de la meilleure interprétation féminine, elle fait partie de la liste des Révélations 2016 de l’Académie des César. Quant à Ghalia Benali, célèbre chanteuse tunisienne qui ne chante pas dans le film, c’est son deuxième rôle depuis La saison des hommes de Moufida Tlatli. L’autre personnage et sujet à part entière du film, c’est donc la musique, spécialement composée pour le film par Khyam Allami pour sa première incursion cinématographique. Nous l’avons pourtant trouvé envahissante jusqu’à une forme d’overdose fatigante, submergeant notre ouïe sollicitée à outrance.

Par sa mise en scène dynamique qui nous mène tour à tour au sein des deux vies de l’héroïne, la réalisatrice retranscrit très bien cette menace diffuse de la censure politique, le climat de peur qu’elle entretient. Leyla Bouzid alterne ainsi des scènes de grandes émotions et de violence qu’elle filme au plus près de ses personnages, parfois à fleur de peau, ce qui permet d’accroître notre empathie envers eux. Petit bémol à propos de cette empathie dans laquelle nous plonge la réalisatrice : le degré de subtilité et de nuance d’un cinéaste se situe précisément à ce niveau de percussion entre la grande Histoire, dont nous connaissons les tenants et aboutissants, et les vies des héros dont il nous suggère les émotions. Nous n’avons eu évidemment d’autre choix que d’être de tout cœur avec Farah dans cette Tunisie de 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces temps-ci, de nombreux films de productions franco-arabes ont fait parler d’eux en mettant en scène des héroïnes qui veulent que soient reconnus leur libre arbitre et leur indépendance. Qu’il s’agisse des impétueuses prostituées de Much Loved, de la jeunesse indomptable de Mustang ou encore de la ténacité et l’humour de Kaouther Ben Hania, la réalisatrice de l’inclassable Challat de Tunis, toutes ces femmes viennent ébranler un peu plus un modèle patriarcal moribond. A peine j’ouvre les yeux s’inscrit dans cette mouvance. Récit initiatique, celui de Farah, jeune fille enthousiaste et courageuse, le film prend la forme d’une confrontation entre deux mondes : la Tunisie d’avant le printemps arabe, muselée par Ben Ali, et l’autre Tunisie, celle de la jeunesse qui veut faire changer les choses. D’un côté, on trouve des adultes qui se sont habitués à vivre dans un État aux libertés restreintes, de l’autre des jeunes qui militent à leur manière, en chantant la réalité tunisienne : la musique comme acte de subversion. Bien sûr, le propos n’est pas si binaire, les nuances, on les trouve à travers des personnages comme les parents de Farah, anciens activistes désabusés mais qui n’ont pas oublié pour autant les luttes de leur jeunesse qui se cristallisent aujourd’hui dans l’attitude de leur fille. La place de la mère s’affirme comme élément clé au cours du récit, miroir tantôt fidèle, tantôt déformant de Farah.

 

Le film est construit en deux temps, pendant la première heure, l’intrigue s’appuie vraiment sur ce modèle de la confrontation décrit un peu plus tôt. Le microcosme du groupe de musique fait front contre une société tunisienne frileuse et à qui le changement fait peur. Farah est la figure de proue de cette première partie. On la suit en permanence dans ce qui apparaît comme une ascension perpétuelle vers plus d’autonomie, des choix individuels et une motivation sans faille. Les parents sont assimilés ici à la répression : « non ma fille, tu n’iras pas chanter, fais médecine c’est un travail sûr qui te permettra de vivre confortablement. » Sans emprisonner leur enfant dans le carcan du rôle féminin traditionnel, ils sont les principaux obstacles aux rêves musicaux de Farah. La figure maternelle se détache particulièrement car, elle vit seule avec sa fille, le père travaille et vit dans une autre ville dans un exil forcé pour avoir refusé d’adhérer au parti de Ben Ali. Cette première partie atteint son acmé lorsque Farah décide d’improviser un concert a cappella devant la salle qui devait accueillir le groupe et qui a été sommée de fermer sous la pression des autorités, inquiètes des répercussions possibles de ses chansons subversives. Lors de cette séquence, la réalisatrice choisit de réunir les deux pôles antagonistes : mère et fille se retrouvent dans le même cadre et partagent cet instant dans la connivence, la mère se reconnaît dans sa fille.

 

La seconde partie du film est centrée sur Hayet, la mère de Farah. La jeune fille disparaît littéralement du champ de la caméra (elle est détenue par la police du régime) et toute l’action découle des efforts de sa mère pour la faire sortir. On découvre là un personnage complexe dont les rêves se sont étiolés au fil des années. La vie d’adulte dessinée par le personnage d’Hayet a été ponctuée de compromis, de concessions et d’abandons. La contestation se mêle souvent de souffrances et d’échecs, Hayet le sait et elle voulait en préserver Farah. A présent que celle-ci est prisonnière d’un régime que cette mère a contesté en son temps, sa combativité et son courage se réveillent à nouveau. La réalité est moins belle et flamboyante que ce que voulait croire la fille, mais sa mère est maintenant à ses côtés pour l’aider à avancer. La fin du récit est ouverte à tous les possibles : « Continue » dit Hayet à sa fille revenue meurtrie de sa détention, à la lumière des événements qui ont agité la Tunisie en 2011, on peut se dire dans un épilogue imaginaire que Farah a gagné son combat.

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeune tunisienne trentenaire, Leyla Bouzid a fait ses études de cinéma en France, à la Fémis, dans la section réalisation. A peine j’ouvre les yeux est son premier long métrage et sa présence en 2015 aux Venice Days, l’équivalent pour la Mostra de Venise de la Quinzaine des Réalisateurs cannoise, lui a permis d’obtenir le prix du Public et d’être désigné comme meilleur film européen de cette section par le Label Europa Cinémas.

 

Une lionne combative

2010, début de l’été en Tunisie. La révolution tunisienne de 2010-2011 n’a pas encore eu lieu, Ben Ali est au pouvoir depuis 23 ans. A 18 ans, Farah est une élève brillante qui vient d’obtenir son bac avec la mention très bien. Son milieu : la bourgeoise tunisienne. Alors que Hayet, sa mère, souhaiterait la voir entamer des études de médecine, Farah, elle, souhaite faire des études de musicologie et, par ailleurs, elle chante des chansons engagées dans un groupe de rock tout en « fréquentant » Bohrène, un des membres du groupe. Les rapports avec les « agents » du pouvoir sont de plus en plus tendus et, au sein du groupe, tous n’apprécient pas le côté trop engagé de Farah.

 

Un sujet intéressant mais

Alors que la plupart des tunisiens, débarrassés de Ben Ali, avaient tendance à se projeter vers l’avenir en oubliant le passé, Leyla Bouzid a souhaité, pour son premier long métrage, revisiter la période qui précédait les événements de 2010-2011 : une période pendant laquelle régnaient manque de liberté, pleins pouvoirs de la police et peur du peuple tunisien conduisant le plus souvent à l’autocensure. Cela, Leyla Bouzid tenait à le filmer vite, en profitant d’un créneau de liberté qui, craignait-elle, ne serait peut-être pas éternel. Comme personnage clé de son récit, elle a choisi de mettre en scène une jeune fille de la bourgeoisie tunisienne, une jeune fille à la fois brillante et rebelle, impulsive et spontanée, partagée entre son attachement à sa famille et ses rêves d’émancipation. Une jeune fille quelque peu inconsciente qui va se confronter à des murs. Fallait-il en faire la chanteuse d’un groupe de rock ? Lorsque Leyla Bouzid explique que la culture populaire tunisienne a toujours utilisé la musique et la danse comme exutoires, on ne peut que la croire. Le problème, c’est que les oreilles des spectateurs souffrent le martyr chaque fois que Baya Medhaffar, l’actrice (bonne comédienne, par ailleurs !) qui interprète le rôle de Farah, se met à chanter : avec sa voix mal posée, la pauvre chante de façon abominable sur des musiques par ailleurs agréables. Ghalia Benali, qui interprète le rôle d’Hayet, la mère de Farah, est elle une chanteuse renommée mais … on ne l’entend pas chanter dans A Peine j’ouvre les yeux ! Quant à la musique qu’on entend dans le film, elle est l’œuvre du musicien irakien Khyam Allami et elle est interprétée par le groupe Alif Ensemble, un groupe de 5 musiciens venant du Liban, d’Egypte, de Palestine et d’Irak.

 

Conclusion

On se sent gêné de ne pas pleinement adhérer au premier long métrage d’une jeune réalisatrice tunisienne, d’autant plus que le sujet choisi était plein d’intérêt. On aurait souhaité se passionner davantage pour le sort de Farah, on aurait aimé se révolter à ses côtés, on aurait dû être ému, mais la maladresse de la réalisation, combinée à celle du scénario, rend vite le spectateur presque indifférent à ce qui se passe sur l’écran. Quant à une écoute agréable de chansons arabes, mieux vaut se tourner vers Oum Kalsoum, Fairuz ou Warda.

Fiche technique

A PEINE J'OUVRE LES YEUX

Genre : Drame
Origine : Franco-belgo-tunisien
Réalisateur : Leyla Bouzid
Musique : et Khyam Allami 
Acteurs / rôles: 
Baya Medhaffer : Farah.
Younes Ferhi : Moncef.
Fethi Akkari : Ighal.
Salwa Mohamed : Hamida.
Ghalia Benali : Hayet.
Montassar Ayari : Bohrène.
Lassaad Jamoussi : Mahmoud.
Aymen Omrani : Ali.
Deena Abdelwahed : Inès.
Youssef Soltana : Ska.
Marwen Soltana : Sami.
Najoua Mathouthi : Ahlem.
Durée : 
102 mn.  

Site du Film

La musique

Dans « A peine j’ouvre les yeux », la musique, c’est la vie, et c’est la vie que la dictature veut brider en censurant la musique. Le choix de la chanteuse Ghalia Ben Ali pour jouer le rôle de la mère de Farah est d’autant plus saisissant que c’est cette mère qui, après avoir combattu la passion de sa fille, va patiemment lui redonner la force de chanter. On n’avait sans doute pas vu un aussi fort portrait d’une mère et d’une fille dans le cinéma tunisien depuis « Satin rouge », de Raja Amari, en 2002.

 

Ghalia Benali

Khyam Allami

Petit bonus sur le film A peine j’ouvre les yeux  : les scènes de musique, composée par Khyam Allami, sont toutes tournées en live, avec un groupe composé de professionnels, excepté Baya.

 

Paroles

A peine j'ouvre les yeux
je vois les gens privés
de travail, de bouffe,
et d’une vie hors de leur quartier.
Méprisés, dépités,
dans la merde jusqu’au cou,
ils respirent par leurs semelles.
A peine j’ouvre les yeux,
je vois des gens qui s’exilent,
traversant l’immensité de la mer,
en pèlerinage vers la mort.
De la galère du pays,
les têtes perdent l’esprit,
cherchant une galère nouvelle,
que celles déjà vues.
A peine j’ouvre les yeux,
je vois des gens éteints,
coincés dans la sueur,
leurs larmes sont salées,
leur sang est volé
et leurs rêves délavés.
Sur leur dos,
on construit des châteaux.


Extrait
Textes de Ghassen Amami
Traduction de Leyla Bouzid.

 

Bonjour l’hirondelle ,
à la chevelure qui détonne,
et l’avis qui résonne,
au rire scandale,
au culot radical.
Comment vas-tu ?
Toi, si tendre et indifférente,
qui esquives l’accusation.
Pourtant si je tire le fil,
je trouve ton cheveu
qui enchaîne avec moi
les dix millions d’habitants.
Leur crime ?
T’aimer malgré eux.
Pourtant, je ne suis
ni voleur ni criminel,
ni même fumeur de joint...
Mais je suis accro.
J’en veux, j’avoue
et je prendrai cher.
Tant pis, borné je suis,
le vent ne me détournera pas.
Debout devant moi, de ta robe verte,
tu cours dans mon sang, veine rouge,
je t’embrasse
sans honte ni vergogne,
contre ce cheveu qui m’entraîne,
et ce sanglot qui m’étouffe.
Car je suis mécréant d’eux,
j’ai foi en toi.
Et t’embrasser, c’est prier tes yeux.
Je crois en l’amour,
pas celui des livres et des cieux,
celui de la rue, rouge vif,
dans la nuit obscure.
Il jaillit, te fait faillir et ruisseler,
les évacue jusqu’au dernier :
les poubelles et ses chats,
les commissariats et ses chiens,
les emballe dans un paquet,
à vendre, à deux sous, au marché,
et le patron chantera :
« Oh ma Leila, le peuple se plaint. »
Et il se fait la malle
par la muraille du palais.
On célébrera
de Carthage jusqu’à la médina.
Sur tes genoux,
je m’étends, le oud je prends.
On sera,
toi, Leila et moi son fou.
Et on plonge dans la dignité
jusqu’au cou.
La dignité, d’où ?
Tu es le problème et la solution,
la liberté et la condamnation,
la nécessité poétique d’une chanson.
Eh bien le bonjour l’hirondelle !
Dis-moi comment fuir de toi à toi ?
Moi qui t’aime
mais ne t’attends pas non plus.


Textes de Majd Mastoura
Traduction de Leyla Bouzid

 

Les interviews

A télécharger

Dossier de presse

Les Prix

Après Venise, Namur, Bastia, St Jean de Luz, Tubingen, Bordeaux, le film a été présenté aux Journées Cinémathographiques de Carthage à Tunis devant une salle comble de 1800 personnes. Découvrez ci-dessous la liste des récompenses : 
 

  • Festival de Saint Jean de Luz : Prix du Public, Prix du Meilleur Film, Prix de la Meilleure Interprétation Féminine

  • Festival Arte Mare de Bastia : Prix du Public

  • Festival international du Film de Bordeaux : Prix Erasmus

  • Festival War on screen : Mention spéciale du Jury

  • Festival Cinéma et Musique de La Baule : Ibis d’or de la meilleure musique de film, Ibis d’or de la meilleur actrice pour Ghalia benali, Ibis d’or du meilleur film pour Khyam Allami

  • Festival Lumières d’Afrique de Besançon : Prix du « jury jeune »

  • Mostra de Venise 2015, Sélection Venice Days : Prix du Public, Prix Europa Cinémas

  • Festival International du Film Francophone de Namur : Bayard d’Or de la Meilleure Première œuvre de fiction

  • Festival International du Film Francophone de Tübingen-Stuttgart : Le Grand Prix du long métrage

  • Journées Cinématographiques de Carthage : Tanit de bronze, Prix du jury TV5 Monde de la première œuvre, Prix Fipresci de la critique internationale, Prix meilleur technicien du syndicat des travailleur UGTT (Raouf Helioui, chef décorateur)

Pour aller plus loin

Tous les cinéma du monde - Focus sur le cinéma tunisien
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2016 sera l’année du cinéma tunisien ou ne le sera pas. Nous nous sommes longtemps plaints du fait que la production tunisienne soit pauvre et qu’elle se limite à un ou 2 films par an. Depuis quelques années, de nombreuses personnes du monde culturel et de la société civile ont lutté pour l’ouverture de nouveaux espaces de projections, mais aussi pour la réouverture de certains centres qui ont fermé leurs portes (Cinévog pour ne citer que lui). Amphithéâtres, salles de concert, cafés-théâtre etc. ont été transformés en salles de projections cinématographiques.

 

Fort heureusement, la production a suivi cet engouement, en servant aux passionnés du 7ème art un programme riche. Si 2015 a été marqué par la sortie de nombreuses œuvres documentaires telles que « Saida el manoubia et l’Islam soufi » d’Emna Ben Miled et Samed Hajji, « Notre Femme en Politique et dans la Société » d’Anissa Daoud, « El Gort » de Hamza Ouni, « 7 vies » d’Amine Boufaida et Lilia Blaise, « 7 et demi » de Nejib Belkadhi etc. et par quelques longs et courts métrages :  Ksayer wihayer, La maison mauve, Simshar, Facebook le film 2 de Kamel Aouij, El Ziara de Naoufel Saheb Ettabaa, Conflits de Moncef Barbouch etc. cette année, pas moins de 13 films seront projetés au début de 2016.

Ce bon démarrage se fera avec :

Tunis, avant la révolution. En ville une rumeur court, un homme à moto, armé d’un rasoir, balafrerait les fesses des femmes qui ont la malchance de croiser sa route. On l’appelle le Challat, “la lame”. Fait divers local ? Manipulation politique ? D’un quartier à l’autre, on en plaisante ou on s’en inquiète, on y croit ou pas, car tout le monde en parle… sauf que personne ne l’a jamais vu. Dix ans plus tard, sur fond de post-révolution, les langues se délient. Une jeune réalisatrice décide d’enquêter pour élucider le mystère du Challat de Tunis. Ses armes: humour, dérision, obstination.

La lettre de Michel

Vos impressions sur le film

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